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MONFLANQUIN

MONFLANQUIN

Un peu d’histoire…

Dominant un paysage de vallons et de bosses qui rappellent la Toscane, la bastide de Monflanquin invite à la découverte de son histoire. Raconter celle-ci en une page est utopiste : il en faudrait cent ; nous nous y risquons tout de même.

La Bastide
La bastide fut fondée en 1256 par Alphonse de Poitiers, Comte de Toulouse et frère de Saint-Louis. Il y a près de 400 bastides dans le Sud- Ouest – certaines ont disparu – et l’on imagine mal aujourd’hui l’énorme travail qu’a représenté ce chantier de 1222 à 1290 – qui déplaça davantage de pierres qu’il en a été nécessaire pour construire les pyramides.
Elles sont nées de la volonté du Comte de Toulouse, qui souhaitait regrouper les populations errantes, chassées des villes cathares où elles vivaient, par Simon de Montfort. D’autres bourgades nouvelles, les villes neuves ou villes franches, ont suivi ce premier pas urbanistique.
Au milieu du XIIIème siècle apparaissent les bastides dites « alphonsines» comme Monflanquin. Nous les devons à Alphonse de Poitiers. Mais à peu près à la même époque – 80 ans avant tout de même-, Aliénor d’Aquitaine a épousé Henri Plantagenêt qui deviendra roi d’Angleterre et qui, par ce mariage, possédera une partie de l’Aquitaine. Dès lors, l’Angleterre et la France se chicanent. Et, quand les Français construisent une bastide, à proximité, les Anglais, à partir de 1260, en élèvent une autre, les rois de France répliquent et enfin l’église ou les seigneurs s’y mettent ; ce qui explique l’explosion de cet urbanisme moyenâgeux. Alors que certains – le Comte de Toulouse notamment – s’emparaient du terrain de force, Alphonse préférait l’acheter. On n’est pas par hasard le frère d’un roi respectueux du droit.

Dans le cas de Monflanquin, les historiens évoquent un texte signé à Tournon en 1252 par Alphonse de Poitiers – visible, dit-on, au Record office de Londres – qui ne fut jamais publié. On ne peut donc rien affirmer du terrain – le mont flanqué de quoi ? – qui appartenait aux co-seigneurs de Calviac. Le vendirent-ils ou le donnèrent-ils à leur suzerain ? Tant que le document du Record ne sera pas édité, toute hypothèse reste une supputation. La bastide de Monflanquin fut donc bâtie sur un terrain que ne vola pas Alphonse.

Mais il ne faut pas croire que ce domaine – vendu ou donné par le seigneur de Calviac – était un désert aride. Il fut habité très tôt, puisqu’on a découvert, au lieu dit Vidalet ou Vidalot – au nord de la commune – une allée couverte (un dolmen) avec des ossements. Au lieu dit Marsal, des poteries intactes de l’époque gallo-romaine furent également découvertes. Au lieu dit Campot dont l’étymologie signifie qu’un camp romain s’y était installé, une nécropole – un cimetière – fut découverte et fouillée en 1850. On y trouva, outre 85 squelettes, de nombreuses poteries.
Les archéologues situèrent l’époque de sa « création » au haut Moyen-âge. C’est-à-dire bien avant la construction de la bastide. Ce cimetière ne se trouvait pas loin des ruines d’une villa gallo-romaine. On trouva des poteries identiques à celle de Campot à Roquefaire ou Roquefère. À Chillaud, on a découvert des sculptures et des tessons de céramique au carrefour de fer tandis qu’une Villa romaine a été repérée au Tuc Rouge. Enfin, la voie romaine d’Excisum ( Eysses) à Vesunna (Périgueux) longe la limite de la commune à Roumagne et à Bourgade. Bref, le mont, flanqué ou pas, n’était pas dépeuplé.

Les cornières
Comme toutes les bastides, Monflanquin dispose d’une place du marché – autrefois pourvue d’une halle et d’arcades appelées aussi cornières. Elles sont intimement liées à l’espace central et fondent ce qu’il est convenu d’appeler le plan orthogonal du bourg : les quatre rues principales débouchent sur cette place, non pas par le milieu mais aux quatre angles, de telle sorte que le marché, qui se tient évidemment là, ne soit pas gêné Au coeur de cette place on trouvait le puits municipal et la halle qui abritait aussi, à l’étage, la maison commune siège de la jurade.
Les cornières comme la halle servaient évidement à abriter les marchands les jours de pluie, mais posa longtemps un problème : à qui appartient le sol du couvert, autrement dit, où commence la place ? Au pas-de-porte du rez-de-chaussée des maisons ou aux piliers soutenant les avancées de ces maisons ? La question a généré souvent des querelles entre commerçants qui s’installaient là et propriétaires des maisons qui touchaient cet espace.
Le carrerot des Augustins
Cette petite rue signale d’emblée la présence de ces Augustins à Monflanquin. Elle est attestée autour de 1333. Le monastère de Saint Augustin était jadis hors la ville, sur la pente du mont. Il hébergeait une vingtaine de religieux. Une partie des frères Augustins adopte la réforme, mais pas tous puisque en 1569, durant les Guerres de Religions, leur couvent est brûlé par les protestants qui étaient nombreux sur le mont flanqué.
Le couvent est reconstruit de part et d’autre du carrerot portant le nom des moines d’Auguste avec d’une part la chapelle – devenue plus tard temple protestant – et les logis. Le carrerot devient le leur. Il garde encore leur souvenir.

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